Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 16:34

Héhé 2

 

 C’est super les blogs.Quand à la suite des lectures, je reçois des messages, j'ai plaisir à mettre quelques lignes dessus. Au moins, tout le monde en profite et les visites deviennent intéressantes.

 

Il est évident que nous trouvons de tout sur Internet, du bon et du moins bon. Je n’oserai me positionner sur un domaine que je ne maîtrise pas, chacun étant libre de penser ce qu’il veut et je respecte les avis de tous.

Certains des lecteurs de mon modeste Blog, me donnent des avis par ailleurs très intéressants. Avis et critiques me confortent sur ma démarche, ma place sur l’échiquier du budo. Ceci dit en toute simplicité.

 

LE PARAITRE ? Quand je vois au hasard des vidéos sur Youtube, le nombre d’efforts physiques, d’envolées superbes, de frappes sur le tatami pour créer une ambiance sonore ou encore des casses de briques sur la tête (faut vraiment aimer !), je suis déçu. Pourquoi ce besoin de paraître en samurai tueur, en star destructrice du(des) pauvre(s) partenaire(s), ou encore en artiste de cirque chinois ? Comme le dit une de mes connaissances, « à vouloir prouver que l’on est le plus fort, nous ne nous rendons pas compte que nous sommes déjà dans le déraisonnable. Cela devient du fast food pour les excités de la bagarre ». J’aime bien l’expression employée.

 

L’ETRE ? Il doit être le but de tout pratiquant d’arts martiaux. Nul besoin de se prévaloir d’une puissance physique. Je préfère l’Esprit, le Mental, le « Shisei » qui permet la construction entre les hommes de qualité. Ce shisei qui permet au pratiquant d’un art martial, quel qu’il soit, de communiquer, de partager, de transmettre sa passion, sa vie dans l’Harmonie et en toute sagesse. C’est là qu’il faut s’appliquer pour devenir – ou tout au moins s’en approcher – un Homme.

 

En conclusion, l’agressivité, la violence, la vanité et l’orgueil, la prétention et la bêtise mènent aux actes destructeurs que nous pouvons observer journellement dans l’actualité. Transmettre cette violence au travers d’un « enseignement sportif » mène au paraître et sans doute dans « l’impasse du poing fermé ». Je préfère de beaucoup accéder à « la Voie de la Main ouverte » qui permet le partage d’un salut, entre gens de qualités.

 

Ces gens de qualité existent. Regardez bien et vous trouverez des références exceptionnelles. Je suis avant tout « aïkido shugyosha » et mes références sont celles de l’Aïkido. Ma Voie est celle de la Paix, de la Construction, ETRE.

Si je dois choisir à un moment, pour une raison indépendante de ma volonté, le chemin de la Destruction, PARAITRE m’obligera à user d’autres connaissances.

J’ai un ami qui utilise souvent la formule « il n’y a pas d’homme fort depuis l’invention de la poudre ! ».

Par patrickdimayuga.over-blog.com
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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 00:43

Moi

 

 Suite à mon court passage sur FR3, j’ai eu des messages de félicitations et la remarque suivante : « Sensei, pourquoi ne faites vous pas comme Maître M…. et ne mettez vous pas votre portrait au kamisa ? La même chose lors de vos stages ? Tous les dojos de la SHINGITAI devraient faire pareil ! Vous avez bien votre propre style maintenant ? »

 

Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire ! J’ai répondu que cela n’était pas du tout dans mon intention ! Ni maintenant ni jamais. Il ne manquerait plus que je me donne en spectacle en tenue de samurai, dans un « yoroi » qui ne serait qu’une enveloppe de ma prétention. Ou alors de ressembler à nos candidats présidentiables ? Vous me voyez avec des lunettes fluo et un accent vietnamien ? J’ai remercié mon interlocuteur pour le sujet que je développe ici grâce à lui !

 

Je présente certes une approche différente de l’Aïkido mais cela reste de l’Aïkido. Je pratique différemment le Iaido, mais cela reste du Iaido. Je me refuse à passer pour un gourou, un apôtre des tatamis (pour ne pire un dieu) ou tout simplement un égocentrique forcené. Il y en a suffisamment comme cela. Où se trouve donc l’humilité du samurai ? Du Maître ?

 

Dans ma carrière Budo, j’en ai croisé des personnes de ce genre. Il y a des instructeurs occidentaux qui sont 9ème ou 10ème Dan, parfois plus, qui profitent de la bêtise humaine pour vendre leur style « new age megastore » ou encore prônent la qualité de leur descendance directe avec les plus grands Maîtres dans leur discipline. Chacun croit ce qu’il veut, comme il peut, mais il faut surtout les vénérer. Et ne jamais oublier les courbettes et les platitudes obligatoires à leur prodiguer pour paraître auprès d’eux.

 

Je ne suis pas de ce genre. Ce n’est plus du charisme mais du commerce. Non merci, je préfère vivre ma vie de budoka dans le respect des valeurs que m’ont donné mes anciens et mon Maître. Et puis, franchement, je ne peux m’imaginer détruire l’ambiance d’un stage en mettant ma photo sous cadre ou sur un poster, bien en place sur un kamisa. Si d’aventure, un de mes élèves veut mettre ma photo sur son kamisa à mon décès parce qu’il estime qu’il me doit quelque chose, cela reste son choix. Comme je ne serai plus de ce monde, il pourra bien faire ce qu’il veut. Pour l’heure, je pense en embêter plus d’un et je ne suis pas encore proche de l’incinération ! Heureusement.

 

Une seule façon pour moi de symboliser mon enseignement : ne pas me prendre au sérieux, de faire fi de ces lamentables situations et de me faire plaisir en partageant avec mes élèves, mes amis, les stagiaires que je côtoie, mes très modestes connaissances. Je ne sais ni écrire des bouquins, ni faire des vidéos. Je ne suis ni un chantre des fédérations françaises, ni une icône que l’on s’arrache pour des milliers d’euros afin de bénéficier de ses largesses en diplômes ou en photos souvenirs.

 

Permettez-moi de dire que je me sens bien dans ma tête, dans mon aikidogi. J’aime diriger des stages auprès de mes amis étrangers, y participer, échanger et rire de nos bêtises parfois. Pourquoi passer pour une star ? J’aime mieux savoir que l’on m’apprécie pour ma façon d’enseigner, pour ma joie de vivre sur un tatami, pour ce que je suis tout simplement.

 

Ce n’est pas demain que je mettrais ma tête sur un poster entre un bonzai et un brûle parfums. Il n’y aurait aucun esprit de respect mais tout bonnement un souhait de « fayotage ». Cette place est réservée pour les fondateurs de nos disciplines, pour ceux ou celles qui nous permettent d’être là. Pas pour le plaisir de parader ! Eventuellement pour nos chers disparus avec qui nous souhaitons partager ces quelques instants de travail commun.

 

Encore une fois, non merci. J’ai la tête sur mes épaules, les yeux en face des trous et le cerveau encore en bon état. Les autres ? Ils font comme bon leur semble. J’affirme ma différence et cela me suffit. Chacun voit son parcours, et moi, je le vis simplement.

Par patrickdimayuga.over-blog.com
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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 16:58

DYA - Shingitai Ryu jaune pour affiche

 

Trop souvent galvaudé, exécuté par habitude, le salut est une part importante d’un cours. Le nouveau venu est obligé de suivre ce que font les autres, sans aucune information et il est en droit de se poser des questions. J’ai toujours dit que la pratique technique est une chose mais que sans la connaissance des traditions, de la culture, des droits et devoirs, la technique n’est qu’une gymnastique de plus. Encore faut-il que cela leur soit expliqué ?

 

Dans les arts martiaux, il existe plusieurs façons de saluer. Au Japon, deux principales, le « ritsurei » ou « salut en position debout » et le « zarei » ou « salut à genoux ». Bien entendu, selon l’interlocuteur, la situation, les conditions du moment, il y a de légères différences. La façon correcte de faire ces saluts est de la responsabilité des enseignants. Dans notre dojo, chacun est informé du pourquoi et du comment, à chaque instant … ou occasion. Par exemple, pourquoi poser d’abord la main gauche au sol ? Pourquoi ne pas montrer la nuque ? Pourquoi ne pas saluer quand on est les jambes croisées ? Détail : pourquoi dans certains dojos, les mains sont posées en même temps au sol ? Pourquoi avant de saluer, on claque parfois des mains ? Pourquoi le sensei tourne-t-il vers la droite et non vers la gauche ? Et pourquoi certains ne croisent-ils pas les orteils en position seiza ? Etc.

 

Il est évident que je ne vais pas développer ici ce qui est de la responsabilité des enseignants de chacun. Au travers de mes interventions, je ne souhaite qu’attirer l’attention sur une chose importante. L’Esprit des arts martiaux, la force du Mental, le développement des Valeurs (comme celles que je défends au travers de la Dai Nippon Butoku Kai), la Rectitude, la Politesse, le Respect, la Maîtrise, commencent par ce simple geste pourtant si important. Un salut au kamisa, aux partenaires, aux instructeurs, aux Maîtres et ! Cela est souvent oublié ! Lors des stages ou démonstrations, à l’assistance, aux spectateurs.

 

Quand un pratiquant atteint cette rectitude, quand il acquiert définitivement cette rigueur, il peut alors se laisser aller parfois à un peu de décontraction.

 Décontraction ne signifie pas se jeter partout, sortir du tatami pour donner l’accolade à une amie, traverser le tatami avec de grands gestes. Non, il faut savoir à chaque instant être un exemple, un modèle, un être droit. Pas facile ? J’en conviens. La perfection est un but. C'est aussi le mien.

Par patrickdimayuga.over-blog.com - Publié dans : Arts et Culture
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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 14:35

Jeannot

 

 

Nous constatons souvent que cette position idéale, posture formelle au Japon, fait souffrir les jeunes élèves occidentaux et parfois aussi les vieux Maîtres. Même de longues années de pratique ne permettent pas, de se mettre en seiza sans souffrir. Ceux qui attendaient des heures en seiza au Butokuden de Kyoto, savent de quoi je parle. Les tatamis traditionnels marquaient la peau et le sang circulait moins dans les jambes. Et quand il fallait se lever ....

 

Etre en seiza relève de plusieurs aspects tournant autour de l’étiquette, de la stratégie, qui mèneront aux techniques les plus fines. Effectivement, aucune autre position assise que le « seiza » ne permet de garder les hanches libres, ne donne la possibilité de se déplacer ou encore de se relever sans difficulté. Même avec un katana au côté ou posé sur le sol.

 

Etre en seiza, lors d’un cours, dans des stages, dans des réunions ou conférences, lors de repas traditionnels dans un restaurant de Kyoto, laisse transparaître la position juste, la rectitude, la correction. Les élèves apprennent ainsi à contrôler leur corps, les premières douleurs, à forger leur mental, sans trop de difficulté ou de contrainte. Plusieurs lignes d’étudiants ainsi « posés » montrent une certaine « noblesse » de caractère, de sérieux, de concentration. La séance idéale …

 

Au plan physiologique, la colonne vertébrale est bien droite, la respiration ventrale se fait précise, les cuisses se renforcent, les ligaments s’assouplissent et les hanches sont disponibles. L’écoute de l’élève est maximale.

 

D’un point de vue visuel, aucun abandon, aucune légèreté, pas d’avachissement, trop souvent constatés, hélas, dans nombres clubs où seuls comptent les résultats sportifs. J’ai souvent vu des jeunes et moins jeunes, être adossés à un mur, jambes allongées, ou d’autres carrément couchés sur le tatami à discuter tels des plaisanciers en bord de mer ! Et un enseignant 6ème Dan de … papoter avec eux sans en faire la remarque. J’étais à côté, attendant l’heure de mon cours qui suivait.

 

C’est aux enseignants, aux anciens, de montrer la voie aux jeunes, de leur expliquer le pourquoi de cette position, l’aspect « historique » de la chose, son intérêt et ses bienfaits. Après quelques premières semaines de « souffrances légères », chacun d’eux verra sa condition physique, sa faculté physiologique et son sens moral, décuplés.Tout le monde y est passé un jour.

 

Il est évident que tout élève blessé à la jambe, genou, cheville ou même hanche, peut être dispensé du seiza. Comme de ne plus être accepté aux cours si ce problème physique n’est pas dû à de vieilles blessures ou la conséquence d’un âge avancé. Il faut faire cet effort et s'habituer.

 

Bref, quand vous dirigez un stage, quand vous animez un cours, faites en sorte de donner à vos élèves ou vos stagiaires les bonnes bases, les bons réflexes, faisant d’eux des pratiquants d’arts martiaux et non pas des gens sans aucune autre culture que la nonchalance amenant à l’ignorance. Certes, il semble difficile de changer les mauvaises habitudes. Il faut sans doute y arriver petit à petit. Mais dès que possible, il faut parvenir à cette rigueur, cette correction, cette éthique qui fait la différence entre les arts martiaux et les sports de combat.

 

Nos sempais nous montraient comment nouer nos ceintures, disposer nos zoris, plier le hakama, le keikogi pour qu’ils ne soient pas froissés. Ils nous montraient comment nous mettre en seiza, comment saluer, etc. Ils nous expliquaient aussi pourquoi, d’où cela venait, ce que cela signifiait. Très rarement, le Maître devait intervenir et quand il le faisait, nous aurions préféré que ce soit nos sempais ! Prenons le temps, mais appliquons nous à devenir nous aussi de bons sempais ?

 

Alors un bon « seiza » est déjà un pas dans la connaissance, c’est un pas sur la Voie et sur la compréhension de ces disciplines que nous avons librement choisis.

Par patrickdimayuga.over-blog.com - Publié dans : Arts et Culture
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 02:11

Moi

 

 

Il m’est arrivé récemment d’entendre une critique déguisée qui n’a de profondeur que dans la bêtise de celui qui la formulait : « Tous ces mecs sont trop nuls. Ils ne sont pas gradés de l’AIKIKAI et ne peuvent donc pas faire de stage et être payés. » Quelle ignorance. L’intéressé voulait-il dire par ces mots que les gens de l’AIKIKAI se font tous rémunérer ? C’est leur choix. En ce qui me concerne, je préfère « servir », hors de tout profit personnel, dans des actions qui développent l’humain dans l’Humanité. L’emblème du samurai, la fleur de cerisier japonais, le SAKURA, illustre bien cet aspect du détachement, du désintéressement total. Le SAKURA ne donne pas de fruit, que sa beauté éphémère, ensuite elle tombe et meurt.

 

J’entends dire que si je fais ce métier d’enseignant d’arts martiaux et que si j’ai construit mon dojo, c’est pour « m’enrichir sur le dos des gogos ». Contradiction avec les autres affirmations. Je pense donc que cela vient d’une ignorance tragique, aussi, j’ai beaucoup de compassion pour ces personnes.

 

Comment leur expliquer, faire admettre à un cerveau atrophié, que de nos jours, les Maîtres orientaux, ne peuvent, comme dans le Passé, nourrir, loger et enseigner gratuitement. Surtout que ces élèves, choisis par le Maître et lui seul, en échange, le servent dans tous les travaux domestiques, obéissent à ces ordres, et patientent pour obtenir son enseignement ! Parfois pendant des semaines ou des mois.

 

Un dojo, c’est un Maître, des élèves et si le Maître est désintéressé, il est évident que le dojo doit perdurer. Et pour cela, des cotisations sont nécessaires, qu’il faut considérer comme des dons. Sans aucune équivalence avec l’enseignement qui est donné. Le Maître et l’élève sont ainsi libres, liés par les seuls respect, gratitude ou estime. Ces valeurs amènent parfois certains élèves à déposer des sommes faramineuses au dojo. Je vous rassure, ce n’est pas notre cas, cela se verrait. Non, chez nous, tout le monde cotise et donne de son temps pour des travaux extérieurs ou de l’entretien courant.

 

Mes élèves ne paient pas mon enseignement. Ils ne m’achètent pas. Il existe pour toutes les disciplines, suffisamment de documents écrits et autant de vidéos pour cela, ce que j’appelle l’enseignement « new age mégastore ». Et l’informatique permet de se faire de très beaux diplômes. Nous avons un 10ème Dan de Jujitsu en France de ce genre.

 

Quand dans un stage, je reçois des émoluments, ils sont versés dans la caisse du dojo ou de l’Académie pour régler les frais divers permettant notre existence. Désintéressé ? Sans doute le suis-je. Idiot ? Certains peuvent le penser. Détaché ? Certainement. Pour moi, détachement et désintéressement sont les deux piliers de l’Honneur, un des principes essentiels du Bushido. Et l’Honneur permet le développement du Respect, de la Loyauté, de la Gratitude comme de l’Amitié et de l’Harmonie.

 

Je ne suis ni quelqu’un d’exceptionnel, ni une curiosité. J’ai même entendu le mot « exotique ». Non, j’essaie d’être humain, dans ce qu’il y a de plus difficile, dans ce qui demande un travail constant. J’enseigne ainsi depuis 50 ans. Mais je sais aussi apprendre depuis plus longtemps. Et cela avec fierté, comme un éternel débutant.

 

Désintéressé, oui, car je ne ferai jamais fortune. Détaché, oui, en ce qui concerne le superficiel. Mais je reste attaché aux valeurs des arts martiaux, celles que je défends dans mon dojo, au sein de mon Académie SHINGITAI Ryu, sous l’égide de la DAI NIPPON BUTOKU KAI ou tout simplement, à la demande de mes hôtes lors des stages.

Par patrickdimayuga.over-blog.com - Publié dans : Aïkido
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