Il est couramment dit que le Japon est le pays de la Culture du
Vide et selon moi, mais je peux me tromper, le Budo en est l’application indéniable, incontournable. Dans ma Discipline principale qui est l’AIKIDO, à chacun de mes stages comme à chacun
de mes cours, il est rare que je n’emploie pas tout simplement « SVP, ne réfléchissez pas, ne pensez pas … ».
Comme de nombreux dirigeants qualifiés de « dissidents », je
m’insurge contre l’accumulation des techniques, les programmes, les chutes merveilleuses et des plus esthétiques quoique violentes. Tout est dans le paraître et refoule l’être,
effaçant par une approche superficielle, la pratique juste, sans effort et « naturelle ».
J’enseigne à mes élèves un travail où il faut oublier son corps, ne pas penser
la technique, ne pas encombrer ses sens par des informations inutiles. Je cite souvent le moyeu de la roue, sans ce vide pas de mouvement. Ce concept du vide est essentiel et
permet le tout, la Vie, la Nature, l’essence de toute chose.
En AIKIDO, l’étudiant qui atteint l’esprit de
Mushin (Mushin no shin ou esprit sans émotion) acquiert
spontanéité, liberté et précision. L’esprit, sans encombrement inutile, sans pensées superflues, vide de contraintes, ne permet pas à l’agresseur de deviner ses intentions mais capte par contre
les siennes. Ainsi, la technique sera ce que l’agresseur fera. C’est l’Harmonie, le AI … Bon, je sais, c’est compliqué. En ce cas venez à nos stages
(www.dimayuga-dojo.org).
Très simplement, pour les néophytes, l’AIKIDO est une sorte de création du
vide dans lequel vous serez aspiré, dans lequel vous irez vous perdre où vous serez sans aucune force. Un vide qui montrera l’inutilité de votre agression. Gagner sans gagner car il n’y a
pas de combat.
Un étudiant en AIKIDO qui arrivera à ce détachement, à affiner sa technique au
point de ne plus utiliser la force, à garder un esprit libre et sans émotion, cet étudiant aura atteint le plus haut niveau de l’AIKIDO. Difficile mais pas impossible. Je
reconnais que malgré mes 51 années de pratique, je reste un éternel débutant et le "haut niveau" de l’Aïkido est encore loin. Il faut être honnête.