Par expérience, je constate que chaque « sensibilité » se dit détenir ou laisse sous entendre que sa pratique est celle de l’aïkido authentique ou traditionnel. J’ai lu aussi le terme « Aïkido Officiel ». Mais peu importe. Ce ne sont que des mots.
Il me semble que le fondateur de l’aïkido nous a légué une discipline merveilleuse à partager, sans norme aucune, sans programme technique gravé dans le marbre. Sa richesse justement, vient du fait des énormes possibilités d’adaptation, des richesses des différences comme disait Maître André NOCQUET. L’Aïkido, art martial ? (dualité entre ces deux mots), certains diront de fait que non, et pour ma part, je partage ce que disait SE YAMADA, Ministre de la Culture de l’Ambassade du Japon, venu inaugurer mon dojo en Corrèze en 2005 : ART HARMONIEUX.
C’est la direction actuelle de mon enseignement. Connu pour ma pratique assez rude et explosive, j’ai découvert au fil du temps que je ne pouvais progresser sans y prendre plaisir, sans le moindre bien être. Transpirer n’est pas le problème. Faire de belles chutes envolées, avoir une stabilité (souvent réductrice) après une technique très appuyée, le visage fermé et le regard de tueur … bon pour la pub, la légende.
Au contraire de ceux qui suivent un programme, travaillent en force et puissance, quelques heures par mois par manque de temps, j’enseigne toutes les techniques à mes élèves, le travail dans les placements, la biomécanique. Les vidéos prises sur le net sont belles et impressionnantes quand elles sont préparées. Sinon, vous ne trouverez que des études sur les techniques diverses, les roulades, les cours ici et là. Stabilité ? O Sensei UESHIBA est-il instable quand il sautille ? Je doute ….
Déjà, si vous êtes capable de progresser sans forcer, avec le sourire, reposé après un cours, bien dans votre tête, avec l’envie de revenir ou de dire « heureusement que j’ai le dojo, sinon je pète un plomb », vous aurez appréhendé une parcelle de l’Esprit de Paix de l’Aïkido. Et notre pratique dans tout cela ? Modestement, nous sommes encouragés par la DNBK de Kyoto (j’en parlerai plus tard) à montrer notre style partout dans le monde.