Ce 22 mars 2011, je donne un cours avec des participants ayant un passé et un présent au sein de trois sensibilités de fédérations agréées. Nous travaillons sur le principe IRIMI … il y a du boulot !
Revenons au IRIMI. C’est la base même de l’Aïkido donné par le Fondateur. Selon le peu que je sais, cela vient de ses études sur l’art de la lance. J’apprécie car point évident de faire face à une lance bien maniée.
Les deux idéogrammes de IRIMI impliquent l’action de mettre son propre corps dans celui de son adversaire. C’est l’action de pénétrer efficacement à l’intérieur de la garde de son adversaire, doté d’une arme plus longue que la notre, genre un adversaire armé d’une lance et nous d’un tanto ou à mains nues.
Mathématiquement parlant, une force A qui va vers une force B et se rencontrent, dire que cela fait mal ? Je donne souvent l’exemple de deux alphajet de la Patrouille de France qui se croisent face à face, en se frôlant. Un éternuement et boum, il y a plus rien.
Le IRIMI consiste à pénétrer dans la garde de l’adversaire, par un pas glissé sur le côté, sortant de son attaque, sans penser au risque encouru, faisant abstraction du danger. Cela permet, avec un bon placement, de nous trouver dans la possibilité de lui renvoyer la puissance de son assaut, démultiplié et sans pour cela user de notre propre force. Economie d’énergie et en plus, cela fait plaisir aux écologistes.
Bon, il ne faut croire que c’est du tout cuit. Si l’adversaire n’est pas prévenu, cela peut fonctionner mais
il y a toujours un risque. Imaginez lors d’un examen où il est prévenu et pas du tout d’accord pour se laisser faire ? Sinon, pourquoi passer un examen ? Pour le plaisir de le passer ?
Revenons donc aux sources !
Ce soir là, nous travaillons à oublier l’autre, son attaque, le fait de pouvoir prendre un mauvais coup, de « l’effacer » pour pouvoir l’amener à terre sans aucune puissance musculaire, sans jouer des épaules. Ils travaillent le fait d’oublier leur corps, de ne point hésiter et de ne pas craindre le mauvais coup.
Il est très enrichissant de voir que cela n’est pas si facile, même pour des gradés. Vous imaginez quand on essaie de l’expliquer à des jeunes ? Mais justement, là est le plaisir de l’enseignement. Le fait de montrer que rien n’est jamais facile, n’est jamais acquit et n’est jamais totalement compris.
Quand je vais à Paris, que je me faufile dans la foule, je pratique aussi le IRIMI, amusant de faire cela dans les couloirs du Métro, ou bien dans des grandes assemblées de foule qui se croisent et s’entrecroisent. La seule chose que je ne fais pas, les mettre par terre. Mais sachez qu’un bon IRIMI, peut vous sortir de situations délicates.